Le 30 avril 2025, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau annonce l’engagement d’une procédure de dissolution du collectif Urgence Palestine. La procédure vise également le groupe antifasciste La Jeune Garde et le groupe d’extrême droite Lyon Populaire. Il justifie sa décision par le fait de vouloir « taper sur les islamistes ». La lettre de projet de dissolution reproche au collectif d’appeler à la violence et de provoquer à la haine et à la discrimination envers un groupe de personnes. L’avocat du collectif conteste ces arguments. Il rappelle qu’« il n’y a pas eu de manifestations armées en France », et que la liste des violences imputées est mince.
L’annonce déclenche une mobilisation de la société civile. Une pétition recueille 250 000 signatures. Un meeting de soutien est organisé le 6 mai 2025 à Paris. Amnesty International qualifie la procédure de « menace contre les défenseurs des droits des Palestiniens » et dénonce une dégradation des libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique en France. En juin 2025, le collectif dépose une saisine auprès de l’ONU.
Cette mobilisation est présentée par plusieurs organisations comme un facteur ayant contribué au report de l’examen du décret en Conseil des ministres. La procédure reste à ce jour engagée mais non aboutie.
Quelques semaines après la notification du projet de dissolution, un arrêté conjoint des ministres de l’Économie et de l’Intérieur, publié au Journal officiel le 21 mai 2025, gèle pour six mois les avoirs personnels d’Omar Alsoumi, cofondateur et porte-parole d’Urgence Palestine, sur le fondement de l’article L. 562-2 du code monétaire et financier (gel des fonds sur soupçon de terrorisme, sans contrôle préalable d’un juge). Il perd l’accès à ses comptes bancaires, ne peut plus verser de virement mensuel et doit demander une enveloppe débloquée sur justificatifs pour ses dépenses courantes. La mesure est renouvelée en novembre 2025 puis en janvier 2026, sans condamnation pénale ni élément nouveau selon ses avocats. Ces derniers ont déposé deux recours restés sans date d’audience. Le 5 novembre 2025, alors que ce gel dure déjà depuis six mois, son domicile familial est perquisitionné et il est placé en garde à vue au commissariat de Meaux pour « apologie du terrorisme ». Il est visé par des plaintes sur des propos tenus lors de manifestations contre le génocide à Gaza en 2024. Le collectif dénonce une « criminalisation du militantisme ». Le parquet de Paris lui notifie une convocation en procès pour le 6 mai 2026.
Amnesty International et la Ligue des droits de l’Homme critiquent l’usage extensif de ces mesures administratives, jugées incompatibles avec la présomption d’innocence. Fin septembre 2025, des rapporteurs spéciaux de l’ONU interpellent la France et soulignent que la dissolution d’Urgence Palestine contreviendrait à de nombreux droits humains et libertés fondamentales.
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