168. La préfecture de l’Hérault ne renouvelle pas la convention de l’AREA pour des raisons idéologiques

Nom de l'association : Association recherche éducation action
Thème de l’association :
Type d’entrave :
Date de l'Entrave : 2025

Présentation de l’Entrave

Les salariés de l’Area ont critiqué le protocole d’évacuation d’un lieu de vie informel par la préfecture et exercé leur droit de grève une demi-journée pour contester. Bien qu’elle reconnaisse la qualité du travail social de l’Area, la préfecture ne renouvelle pas la convention avec l’association et dénonce la posture critique d’Area. La perte de ce conventionnement ( 60% du budget) entraine d’autres pertes. L’association est contrainte de fermer et de licencier les salariés.

Description complète du cas

Area (Association recherche éducation action) intervient depuis dix ans dans les lieux de vie informels de Montpellier, elle assure l’accompagnement social des habitant.es de 6 bidonvilles.  Elle a pour objet la lutte contre les inégalités sociales et l’exclusion, à travers un accompagnement social et éducatif global, des actions de médiation sociale et des animations collectives.  Fin août 2025, l’expulsion d’un bidonville occupé depuis 2022 par une centaine d’habitants et d’habitantes déclenche une grève d’une demi-journée d’une partie des salariés d’Area, une pratique que la DDETS remet en question.  Le mouvement dénonçait l’absence de solution de relogement pour une dizaine de personnes, dont des enfants, arrivées après le recensement du site et donc absentes de la liste des personnes à reloger. Le préfet de l’Hérault et le maire de Montpellier s’étaient félicités de cette évacuation, l’inscrivant dans une politique de résorption des bidonvilles, rappelant aussi la dangerosité du site en zone inondable. Ce « principe de liste qui prévaut » avait été dénoncé par des salariés d’Area le jour de l’expulsion, puis par son directeur José Lagorce lors d’une conférence de presse. Des grévistes avaient aussi critiqué des solutions d’hébergement jugées peu pérennes, voire insalubres. Ces critiques ont déplu aux autorités, qui ont fait savoir à Area que sa convention ne serait pas renouvelée. L’association a été placée en liquidation judiciaire après que l’État a supprimé tous ses financements, soit 60 % de son budget. La préfecture a exposé ses raisons dans un courrier : la « posture critique » de l’association n’est plus tolérée, ses déclarations et celles de son équipe démontrant « l’incompatibilité » de sa position « avec un financement de l’État ». Pour José Lagorce, ce courrier de septembre reste « une sanction politique affirmée par écrit » : un « prétexte » pour se débarrasser d’Area, envoyant au passage « un message terrible » au tissu associatif : « Tenez vos troupes et tenez vos langues. Si vous critiquez, on arrête de vous financer, même si vous avez de bons résultats, même si ce que vous faites, ça marche. » 

En savoir plus :

https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/jugee-trop-critique-une-association-de-lutte-contre-la-grande-precarite-et-les-bidonvilles-privee-de-subventions-de-l-etat-3257707.html

Type d’action collective santionnée

Critique publique des décisions du partenaire public et droit de grève.

Type d’assaillant

Institution

Institutions Responsables

Préfecture de l’Hérault

Conséquences pour l’Association

Fermeture et liquidation.

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